6th
- (…) Ces filles qui attendent tout des mecs sans jamais lever un orteil. A partir d’un certain degré de passivité, tu atteins le stade végétal. Comme un yucca. Une femme-yucca est l’équivalent affectif de l’étoile de mer sur le plan sexuel, tu comprends ?
- Ah c’est comme les hommes-ficus, alors. (…) Tu vois un ficus ? C’est une grande plante d’intérieur, un peu triste. Donc un homme-ficus, il est beau, grand, torturé, mais il faut l’arroser, il faut s’en occuper. Et au bout d’un moment on voudrait bien le rendre à Jardiland. Parce que c’est pas très marrant, y’a pas de fleurs, ça ne surprend jamais, c’est la plante la plus prévisible du monde. Donc l’homme-ficus, tu le mets dans un coin, il bouge plus, il ne sort jamais, il est trop taciturne. Il attend qu’on le sauve, et ça met carrément la pression. D’autant qu’il faut le sauver tous les jours. A première vue c’est attirant, tu es charmée. Mais après, à l’usure, tu te rends compte de sa passivité. Même comme ami c’est tendu. Généralement l’homme-ficus a entre 30 et 40 ans, c’est super précis. Il faut qu’il ait le temps d’avoir souffert – mais qu’il n’ait pas encore peur de perdre son temps. L’homme-ficus a toujours vécu une grande histoire d’amour dont il ne s’est jamais remis. Donc il va te le faire payer. Et si toi tu es bien dans ta peau, il te regardera avec suspicion. Ensuite, on peut être plus ou moins ficussisé, mais je peux te dire que parmi les trentenaires, j’en connais un paquet.
(Je ne sais pas comment on appelle un couple yucca-ficus, mais ça doit pas être beau à voir.)